Into the Wild (Sean Penn – 2007)

INTO THE WILD

« Tout juste diplômé de l’université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l’existence confortable et sans surprise qui l’attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui. Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres. Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s’aventurant seul dans les étendues sauvages de l’Alaska pour vivre en totale communion avec la nature. »

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Je suis tombée sur Into the Wild par hasard à la TV un soir, et ça a été un véritable coup de cœur.

Pour la petite histoire, ce film est adapté du livre Into The Wild (ou Voyage au bout de la solitude dans sa version française), écrit par John Krakauer, un journaliste américain qui a voulu comprendre comment Christopher McCandless, un jeune homme de 24 ans a pu être retrouvé mort tout seul en plein milieu des plaines de l’Alaska et lui rendre hommage par la même occasion. Je n’ai pas encore lu le livre mais il est bien sagement rangé dans ma bibliothèque et j’attends juste le bon moment pour le lire. Bref, ce récit de vie a apparemment plu à Sean Penn qui a décidé d’en faire un film (merci à lui).

Le film prend le parti d’effacer le point de vue extérieur du journaliste pour donner la parole à Carine, la petite sœur de Christopher, ce qui permet selon moi de se rapprocher encore plus des protagonistes et de mieux s’y identifier. L’identification paraît d’autant plus facile que nous n’avons pas ici affaire à des personnages fictionnels mais bien à des personnes qui ont existé, même si leur image passe par le filtre des esprits de John Krakauer et de Sean Penn. Là où Sean Penn est doué, c’est qu’on oublierait presque que son film est inspiré de faits réels (comme Danny Boyle le fait avec 127 heures). La voix de Carine, jouée par Jena Malone (qui s’est faite connaître par son rôle dans Donnie Darko, mais que j’ai découverte ici) rythme donc le film du début à la fin en racontant tout ce qu’elle sait sur son frère et son parcours jusqu’à sa mort, de sorte qu’on arrive à avoir deux visions du film : celle que Carine nous raconte par les fragments d’informations qu’elle est parvenue à récolter avec le temps, et celle que l’on voit directement par les yeux de Christopher, comme pour compléter le point de vue de sa sœur.

Pour ce qui est du casting, je ne connaissais pas Emile Hirsch mais j’ai trouvé son jeu excellent dans la peau de Christopher McCandless et sa transformation physique entre le début et la fin du film est impréssionnante. Une autre découverte de ce film a été Marcia Gay Harden, mais je n’ai pas réussi à me faire un avis objectif sur elle puisque son personnage de maman McCandless m’horripile légèrement (même énormément). J’ai également été contente de voir William Hurt dans le rôle de papa McCandless car j’aime beaucoup cet acteur et le charisme qu’il dégage. Enfin, dans des petits rôles bien différents de leur registre habituel, on retrouve Vince Vaughn et Zach Galifianakis qui sont quand même pas mal connus. Mention spéciale au micro-rôle de Kristen Stewart qui joue comme une patate (alors qu’elle joue très bien quand elle le veut).

Ce qui m’a le plus touchée dans ce film, c’est l’interprétation que l’on peut en faire, le message qu’il délivre, même s’il est paradoxal. Into the Wild est sans aucun doute une critique cinglante du capitalisme, visible par la rupture opérée par le personnage principal entre la vie qu’il a toujours mené (et qui lui était toute tracée par ses parents) et celle qu’il va choisir par lui-même car c’est ce qu’il veut vraiment. En même temps que le capitalisme, ce sont les apparences qui sont maltraitées puisque Christopher choisit délibérément de suivre un chemin différent de celui de ses parents car il ne veut pas finir avec la même vie ennuyeuse que la leur. Mais en voyant la fin du film, on peut se demander si le message n’est pas tout autre : SPOILERS (faites glisser votre souris pour faire apparaître le texte) [quand enfin Christopher a choisi sa propre voie, son choix se retourne contre lui et le mène jusqu’à la mort.] On peut en conclure que s’éloigner de la voie que l’on choisit pour nous n’est pas une bonne idée et que cela ne peut pas bien finir. Le film serait une sorte d’avertissement : si on veut bien vivre, peut-être qu’il vaut mieux se plier aux règles imposées plutôt que de faire nos propres choix. Ce sont là deux interprétations totalement différentes, et c’est au spectateur de choisir celle qu’il préfère, dans la mesure où chacun perçoit les choses à sa manière.

Au niveau de la musique, Sean Penn s’est tourné vers Eddie Vedder, chanteur des « Pearl Jam » (merci Wikipédia) que je ne connaissais pas mais qui selon moi a parfaitement réussi à retranscrire l’ambiance du film par la poésie de ses compositions originales.

Je tiens aussi à mettre en avant le fait que les décors de ce film (tourné en extérieur, et ça se voit) sont juste magnifiques. Les scènes tournées en Alaska montrent très bien la beauté des lieux et on comprend mieux ce qui a poussé Christopher McCandless à partir de chez lui…

Pour conclure, je dirais simplement que Into the Wild a été une bonne surprise pour moi. Il offre une plongée dans une culture différente pour le spectateur mais aussi pour le personnage qui découvre une autre façon de vivre grâce aux personnes qu’il rencontre. Personnellement, j’ai vu ma vision du monde changer légèrement après avoir vu ce film et je ne connais personne qui ne l’a pas apprécié, ce qui en dit long je pense sur le potentiel de ce film.

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Charlène M.

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Clique ici pour voir la bande-annonce !

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Une réflexion sur “Into the Wild (Sean Penn – 2007)

  1. Je n’ai ni vu le film ni lu le livre. Mais choisir une voie qui n’est pas celle qu’on a tracée pour nous implique des conséquences, positives ou négatives. Achille a préféré une vie intense mais courte à une vie longue mais banale. C’est tout le problème : les règles imposées ou les choix de vie, même s’ils peuvent paraître dangereux ? That is the question…

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